Nouvel attentat à Tunis

Après le double attentat du 27 juin dernier, qui a visé les forces de l’ordre à l’avenue Habib Bourguiba, tuant un policier et faisant huit blessés, un nouvel attentat a été perpétré par un kamikaze du nom d’Aymen Smiri. Pourchassé et cerné par les forces de l’ordre, Smiri a activé sa ceinture, se faisant exploser sans faire de victimes. Le terroriste, âgé de 23 ans, était activement recherché par les éléments de la sécurité.

Ce deuxième attentat en moins d’une semaine, en pleine ouverture de la période estivale, révèle la volonté de ceux qui ont réactivé les cellules terroristes dormantes de porter un coup à l’économie tunisienne, fortement dépendante du secteur touristique. Cette offensive, en plus de grever le budget de nombreux Tunisiens qui tirent leurs principaux revenus de la saison touristique, intervient dans un contexte politique tendu.

Les Tunisiens devront en effet se rendre aux urnes deux fois en cette fin d’année: le 6 octobre afin d’élire, pour un mandat de cinq ans, l’assemblée des représentants du peuple, et le 17 novembre, afin de désigner le successeur de Béji Caïd Sebsi, ce dernier ayant déclaré ne pas vouloir se représenter à la magistrature suprême.

L’élection présidentielle soulève déjà la controverse, après la récente réforme du 18 juin 2019, qui interdit la candidature de personnes ayant fait des dons à la population, bénéficié de financements étrangers ou de publicité politique au cours des douze mois précédant une élection, ou qui possèdent un casier judiciaire. La clause sur les dons et la publicité exclut de facto la philanthrope Olfa Terras, mais surtout le puissant et richissime Nabil Karoui, ancien camarade de l’actuel président au parti Nidaa Tounes, avant que des dissensions n’eussent poussé le propriétaire de Nesma TV à faire cavalier seul.

Avec le chaos lybien aggravé par l’offensive de Haftar sur Tripoli, les forces de l’ordre tunisiennes seront à pied d’oeuvre pour sécuriser le pays et traquer les cellules réactivées ou en voie de l’être. Le ministère de l’intérieur a d’ailleurs annoncé qu’un complice d’Aymen Smiri est toujours traqué par les éléments de la sécurité tunisienne.

Après la sécurisation de la longue frontière algéro-lybienne, la situation en Tunisie risque de poser un nouveau défi pour l’Armée Nationale Populaire algérienne, dans un contexte politique non moins bouillonnant que celui de son voisin, loin s’en faut.