L’Iran dépasse la limite d’uranium enrichi prévue par l’accord

Comme nous l’avions déjà mentionné dans un précédent article, l’Iran est passée à la contre-offensive. Les partenaires européens de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPoA) n’ayant pu trouver de voies de contournement aux sanctions américaines, Téhéran a décidé qu’il n’y avait donc rien à gagner à subir un accord sans contrepartie probante. Cela s’est traduit par le dépassement de la limite des 300 kilos d’uranium enrichi à 3.67% prévue par l’accord de 2015.

Les autorités iraniennes avaient prévenu auparavant qu’elles en arriveraient là si l’étranglement économique de l’embargo américain continuait à se faire avec la complicité passive des partenaires européens. Téhéran a même ajouté qu’une fois le pas franchi, le seuil de la production augmentera de manière spectaculaire, à moins que la France, l’Allemagne et le Royaume Uni ne trouvent un moyen de contourner les sanctions pour reprendre le commerce avec l’Iran, auquel cas Téhéran reviendrait au seuil prévu par l’accord.

Cette évolution dans le conflit entre l’Iran et les USA risque d’embraser toute la région. Pour peu qu’Israël soit prise de panique à l’idée que Téhéran se dote, à terme, de l’arme nucléaire, et qu’elle hurle, au lieu de murmurer, à l’oreille de Trump que les Etats-Unis doivent voler au secours de son gendarme au Moyent-Orient, le président américain, qui a déjà du mal à contenir les velléités belliqueuses de Bolton et Pompéo, risque de céder aux sirènes de la guerre.

Toutefois, ce scénario catastrophe n’a rien d’inéluctable. Les conseillers de Trump ont déjà pu convaincre ce dernier d’annuler in extremis les représailles contre l’abattage du drone qui survolait l’espace aérien iranien, en lui rappelant que la fermeture du détroit d’Hormuz, promise par l’Iran en cas d’attaque, ferait flamber les cours du pétrole, et plongerait l’économie mondiale dans la récession. Si, suite à l’annonce de Téhéran concernant le seuil de production d’uranium enrichi, les cours réagissent à la hausse, Trump aura déjà un petit aperçu des conséquences d’une guerre ouverte contre l’Iran. Cela pourrait lui faire entendre raison, et le pousser, sans pour autant lever les sanctions, à « autoriser » les partenaires européens à les contourner afin de reprendre le commerce avec l’Iran, sauvant ainsi la face.

Affaire à suivre.