Le virus du sida éradiqué chez des souris

Après l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, réussie par des chercheurs cubains et validée par l’OMS, c’est au tour d’une équipe du centre de neurovirologie de Philadelphie, aux Etats-Unis, d’annoncer une avancée majeure dans la lutte contre le SIDA: un traitement qui élimine complètement le virus chez des souris.

Le traitement combine deux composants et fonctionne ainsi en deux phases. D’abord, un premier traitement est injecté afin de brider la reproduction du virus dans le corps. Contrairement aux antirétroviraux classiques, cette nouvelle technique appelée LASER ART permet une meilleure diffusion dans l’organisme afin d’aller chercher le virus là où il aime se cacher (foie, tissus lymphatiques). Par ailleurs, la libération du médicament se fait de manière plus progressive, éliminant ainsi le virus plus durablement.

Cette technique, à elle seule, ne peut cependant pas éradiquer définitivement le SIDA. C’est alors qu’entre en scène le « ciseau génétique »: CRISPR-Cas9.

En effet, à l’origine de cette révolution, un changement de paradigme: le chef du centre de neurovirologie, Kamel Khalili, explique comment le fait de considérer le VIH non plus comme une maladie infectieuse mais comme une maladie génétique, a permis de parvenir à cette nouvelle approche. Le génome du SIDA s’incorporant au génome du malade, le « ciseau génétique », une fois LASER ART ayant réduit la présence du virus au minimum dans l’organisme, vient finir le travail, en sectionnant les fragments du VIH dans le génome infecté.

Les tests ont été probants sur presque un tiers des spécimens testés. Aucun résidu du VIH n’a été détecté dans le sang, le cerveau, la moelle épinière ou le tissu lymphatique chez 30% des souris cobayes. Par ailleurs, aucune incidence négative sur le génome n’a été observée.

Si ces résultats positifs venaient à être confirmés sur l’être humain, ce serait véritablement un bond majeur dans la science en générale et la médecine en particulier: l’éradication du fléau du SIDA par ces techniques ouvrirait la voie à d’autres avancées dans le traitement des maladies génétiques.