Portrait : Houari Boumédiène

Mohamed Ben Brahim Boukharouba, né le 23 août 1932 à Aïn Hassainia, près de Guelma et mort des suites d’une maladie, le 27 décembre 1978 à Alger, était le deuxième chef de l’État algérien de 1965 à 1976, puis le deuxième président de la République algérienne de 1976 à 1978.

Il avait pris comme nom de guerre « Houari Boumédiène », un nom emprunté au mystique soufi Sidi Boumédiène, saint et savant musulman, dont la mémoire est perpétuée dans un sanctuaire à Tlemcen.

Ayant assisté aux événements sanglants du 8 mai 1945 (survenus à Sétif, Guelma et Kherrata), il déclara plus tard : « Ce jour-là, j’ai vieilli prématurément. L’adolescent que j’étais est devenu un homme. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu’il fallait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là ».

Il poursuivit des études en arabe à l’école coranique et en français à l’école primaire de sa ville, jusqu’à ce qu’il se rende en 1949 à Constantine, où il s’inscrit à la medersa d’El Kettania. Il intégra comme beaucoup de jeunes de son âge, à cette époque, le mouvement des « scouts musulmans », considéré alors comme pépinière du nationalisme algérien. Aussi, il milita au sein du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD).  En 1950, il étudia à l’université Zitouna de Tunis, puis alla suivre ses études, un an plus tard, au Caire, dans la prestigieuse université religieuse d’al-Azhar.

En militant au sein du MTLD, Boumédiène aidait les représentants de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, à préparer au « bureau du Maghreb arabe » une insurrection nord-africaine contre le système colonial français. A partir d’août 1953, il alla suivre au sein d’un groupe de 15 personnes, une formation militaire à l’école de guerre d’Alexandrie.

Après le déclenchement de l’insurrection algérienne de novembre 1954, la Tunisie avait préféré négocier son indépendance au lieu de l’arracher, le groupe des 15 est alors dissous.

Boumédiène était l’un des principaux organisateurs du transport de matériel de guerre destiné aux résistants algériens. La plus grande partie de cette cargaison, avait été acheminée vers la wilaya V (Oranie). Houari Boumédiène avait travaillé avec Boussouf, lui-même premier lieutenant de Larbi Ben M’hidi, chef de la wilaya V,  qui lui avait confié le commandement de cette région en 1956, afin de rallier le CNRA. Lorsque Boussouf quitta le sol algérien en 1957, c’était à Houari Boumédiène que revenait le commandement de cette wilaya qu’il dirigeait depuis le P.C. d’Oujda, au Maroc.

Boumédiène était militaire de carrière, chef de l’État-major de l’Armée de libération nationale de 1959 à 1962, il occupa le poste de ministre de la Défense en septembre 1962, puis vice-président du Conseil durant la présidence d’Ahmed Ben Bella de mai 1963 à juin 1965. Il devient président du Conseil de la Révolution en date du 20 juin 1965.

Des événements politiques s’étaient précipités, poussant Boumédiène et ses proches à mener le 10 décembre 1976, un coup d’État qualifié de « réajustement révolutionnaire ».  Il est élu, à cette date, président de la République algérienne, jusqu’à sa mort  en 1978. Boumédiène affirmait appliquer fidèlement les principes de la révolution du 1er novembre, tout en expliquant que son redressement révolutionnaire, s’était effectué sans effusion de sang.  

Boumédiène assurait parallèlement à sa fonction de président de la République, les fonctions de premier ministre, ministre de la Défense et président du FLN. Sous son gouvernement, l’Algérie avait connu un important développement économique et social. Le revenu annuel par habitant, qui n’excédait pas 2.000 francs en 1962, dépassait les 11.000 francs vingt ans plus tard. Le taux de scolarisation, quant à lui oscillait de 75 à 95 % alors qu’il n’était que de 10 % durant l’Algérie française. Boumédiène avait adopté une charte nationale imposant l’arabe comme langue nationale et officielle. 

Dans le but d’assurer une indépendance totale pour l’Algérie, il avait fixé trois objectifs à son régime : construire l’État algérien, récupérer les richesses nationales et poser les bases du développement économique. Il avait opté pour le modèle socialiste, et avait fait construire, en se basant, sur ce modèle, beaucoup d’écoles et d’usines. Il avait grandement contribué, le 24 février 1971, à la nationalisation des hydrocarbures, et avait déclaré, à cette occasion, sa célèbre phrase : « Kararna ta´emime el mahrouqate » : « Nous avons décidé la nationalisation des hydrocarbures ».

Cette nationalisation, lui avait conféré une importante dimension internationale, mais avait provoqué également une crise diplomatique avec la France, qui menaçait alors, de ne plus acheter de vin algérien, alors que celui-ci était considéré comme étant la deuxième source de revenus en devises pour le Trésor public.  Boumédiène avait réagi en décidant d’arracher des milliers d’hectares de vignobles. Une décision qui avait non seulement des répercussions économiques, mais aussi écologiques, sachant que les vignes freinent l’érosion des collines.

Boumédiène jugeant les possibilités agricoles limitées par le désert, il se tourna vers le développement industriel, et réalisa de grands travaux, comme le « barrage vert », une forêt empêchant l’avancée du désert, la Transsaharienne, reliant la Méditerranée à l’Afrique noire, et le développement d’un réseau routier étendu, qui était durant l’époque coloniale circonscrit aux villes portuaires.

Politiquement, il avait maintenu un régime à parti unique, sachant qu’il n’autorisait aucune forme d’opposition politique. En 1976, il avait fait voter une charte promulguant la constitution d’une Assemblée législative ainsi que la création du poste de président de la République.

Sur le plan international, il avait affirmé en 1973, son influence, en organisant avec succès le sommet des non-alignés, avec la participation des plus grands dirigeants des pays du tiers-monde. L’Algérie, offrait un soutien non négligeable aux mouvements de libération d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, où Boumédiène se comportait en véritable leader du tiers-monde, en défendant ses intérêts économiques. Il avait accueilli en 1975, le premier sommet de l’OPEP, suite auquel, les membres avaient défini une politique pétrolière concertée.

Boumédiène fut le président algérien le plus connu dans le milieu diplomatique, et l’Algérie était à son époque, crainte et respectée par les autres nations.

En son honneur, sa commune de naissance ainsi que l’aéroport d’Alger, portent son nom de guerre. En 1974, l’université Cheikh-Anta-Diop lui attribua le titre de Docteur honoris causa

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