Le directeur de l’Agence France-Presse (AFP) expulsé d’Algérie

En poste à Alger depuis juin 2017, Aymeric Vincenot, s’est vu refuser par les autorités algériennes le renouvellement de son accréditation pour l’année 2019. Le journaliste de 45 ans dont le titre de séjour en Algérie était arrivé à échéance le 28 février dernier, a quitté l’Algérie mardi soir.

La demande de renouvellement de la carte de presse du journaliste pour 2019 est restée sans aucune réponse officielle, en dépit des efforts de l’AFP pour obtenir des explications. Lors de la visite à Alger en mars d’un responsable de l’AFP, les autorités algériennes se sont contentées d’évoquer quelques griefs liés à la couverture de l’actualité du pays et de l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika par Aymeric Vincenot, sans avancer de preuve d’une faute de sa part.

Dans un communiqué, le PDG de l’AFP, Fabrice Fries, s’est exprimé au sujet de cette expulsion, en la qualifiant d’inacceptable, tout en ajoutant qu’ « En nous privant de chef de poste sur place, cette décision porte gravement atteinte à notre dispositif, qui vise à assurer une couverture exhaustive et rigoureuse des évènements historiques qui se déroulent actuellement en Algérie ».

Le PDG a souligné que l’AFP n’allait pas renoncer pour autant à couvrir les événements en Algérie, et qu’elle allait continuer à déposer des demandes de visa pour d’autres journalistes.

Un autre journaliste a subi le même sort que Vincenot, il s’agit du Tunisien Tarek Amara, envoyé spécial de l’agence Reuters, chargé de la couverture des manifestations contre le régime, alors qu’il disposait d’une accréditation pour exercer en tant qu’envoyé spécial.

Il y a quelques semaines, des journalistes algériens avaient été interpellés alors qu’ils s’étaient rassemblés pour dénoncer les pressions qu’ils subissaient dans le cadre de l’exercice de leur fonction. Le PDG de l’AFP Fabrice Fries, a tenu à leur exprimer la solidarité de l’Agence.