Bouteflika parti, l’Algérie fait face à son héritage empoisonné

Près de deux mois après le début de la contestation populaire, le 22 février dernier, l’Algérie se trouve face à une impasse. La démission d’Abdelaziz Bouteflika du poste de président de la République après deux décennies de règne, n’a rien changé au fait que le pouvoir soit toujours en place.

Le peuple algérien est unanime quant au fait de décider lui-même de son destin, en refusant catégoriquement d’aller vers l’élection présidentielle fixée pour le 04 juillet prochain, sachant qu’elle sera organisée par des institutions et des hommes faisant partie intégrante de ce système que les Algériens veulent « dégager ». De son côté, l’armée est coincée au milieu du jeu politique et ne parvient toujours pas à se retrouver, entre ses attributions constitutionnelles et son souci d’être aux côtés du peuple qu’elle a promis de protéger.

L’Algérie est confrontée à l’héritage légué par l’ex-président, lequel avait pris le soin de s’entourer de fidèles servants, notamment les 3B, que le peuple rejette tant : Noureddine Bédoui, Tayeb Belaïz et Abdelkader Bensalah. L’armée, pour sa part, a les « mains » liées par la Constitution.

Les trois personnages cités plus haut seront là pour gérer la période de transition, et joueront un rôle clé lors du prochain scrutin présidentiel si toutefois il a lieu. De plus, le fait que la fraude se fasse au niveau du Conseil constitutionnel avant les bureaux de vote n’est un secret pour personne.

Bouteflika a fait en sorte que la moindre pièce bougée de l’échiquier politique, le soit de sorte à toujours protéger le roi ! Les décisions prises ou pas par l’ex-président durant les dernières semaines de son mandat, ont fait que même après son départ, ses fidèles soient maintenus partout. Par ailleurs, même les textes, la Constitution en premier sont « taillés » par leurs concepteurs pour faire en sorte que le président soit le seul maître à bord.